Fashion Week AW 25/26 : Nos repérages

Alicia Védrines

La Fashion Week automne/hiver 2025-2026 s’achève. Place au bilan et au décryptage de la silhouette à venir pour l’hiver prochain.

Dior, Alexander McQueen, Tom Ford, Akris, Valentino

Zone de flou (artistique)
Vestiaire masculin ou féminin ? Historicisme ou futurisme ? Construction ou déconstruction ? Il y a tant de possibilités aujourd’hui que les créateurs ne savent plus où donner de la tête - nous non plus. Résultat, nombreux étaient ceux à opter pour une phase de transition. Chez Dior et McQueen, Maria Grazia Chiuri et Seán McGirr ont respectivement choisi des figures qui expriment un certain trouble dans le genre ; le héros Orlando du roman éponyme de Virginia Woolf et l’écrivain Oscar Wilde. Chez Rokh, impossible de choisir entre le tailoring et le drapé alors on porte les deux, mais avec style. Albert Kriemler, directeur artistique de Akris se laisse quant à lui inspirer par l’heure bleue, un espace temps de tous les possibles où mode diurne et nocturne s’entremêlent. En revanche, la nuit est bien entamée chez Tom Ford où Haider Ackermann a reçu ses invités dans un décor privé de chambre aux miroirs embués, portant les stigmates d’une longue nuit d’excès. La notion d’intimité, c’est ce qui a aussi obsédé Alessandro Michele pour Valentino en partant des toilettes publiques comme lieu de liaison entre l’intérieur et l’extérieur - la transition, toujours. 


Alaïa, Issey Miyake, Givenchy, Mame Kurogouchi, Elie Saab

Sortez cou-vert
Sans transition justement, focus sur le cou, objet d’expérimentations depuis l’hiver dernier mais cette fois-ci dans une perspective d’allongement de la silhouette. Mame Kurogouchi fait monter les cols très haut, comme Sarah Burton chez Givenchy sur des bodys galbants ou des robes drapées. Satoshi Kondo, à la direction artistique de Issey Miyake, va jusqu’à imaginer des tenues comme des cocons dans lesquels se réfugier. Ambiance chrysalide présente aussi chez Alaïa. Des versions amovibles sont proposées sous forme de fraises historiques pour Dior et Alexander McQueen ou sous forme de plastrons chez Elie Saab, Niccolò Pasqualetti ou Victoria Beckham. Haider Ackermann et Julien Klausner, nouvellement directeur artistique de Dries Van Noten, vont plus loin dans la créativité en portant les cravates comme des foulards. 


Niccolò Pasqualetti, Givenchy, Courreges, Victoria Beckham, Alaïa

Coupé-dévoilé
On joue avec les matières, les perceptions… Et les coupes. L’asymétrie maintient sa pôle position dans notre garde-robe, habilement maîtrisée par Niccolò Pasqualetti sur des jupes et des manteaux et par Rok Hwang sur le trench. On retiendra particulièrement un modèle de robe drapée qui joue à cache-cache avec les courbes féminines ; vu chez Givenchy, Tom Ford, Victoria Beckham ou Alaïa. Sans oublier le roi de l’exercice, Nicolas Di Felice chez Courrèges. 


Alaïa, CFCL, Stella McCartney, Duran Lantik, Alaïa

Problème de taille
Autre tendance qui se confirme après avoir été aperçue sur les podiums printemps-été, les volumes à la taille. Ils sont structurés mais contrôlés pour CFCL et complètement exagérés chez Alaïa, Stella McCartney ou Duran Lantink, comme existant en dehors du corps. 


Dries Van Noten, Saint Laurent, Givenchy, Chanel, Tom Ford

Y’a d’la joie
Et même si le soleil a brillé durant cette Fashion Week, on n’est pas contre quelques touches de couleurs qui égayent le vestiaire. Sarah Burton, Haider Ackermann et le studio Chanel nous en ont servis en saupoudrant leurs créations d’un jaune pastel, d’un lilas délicat, d’un vert amande ou d’un bleu poudré… Quand Dries Van Noten et Saint Laurent osent le vert bouteille, le violet, le magenta ou l’orange sanguine. De quoi patienter jusqu’au retour du printemps.